10 décembre 2007
La diplomatie du carnet de chèque selon Sarkozy
Kadhafi reçu par le Président de la République Française, le jour même où nous célébrons les 60 ans de la déclaration universelle des
Droits de l’Homme … "no comment" comme dirait Gainsbourg.
Monsieur Sarkozy, vous salissez la France et humiliez les
familles des victimes de ce triste personnage.
Il est désolant de constater que les crimes de Kadhafi ne sont
donc rien, un détail peut-être, à côté d’un contrat de 21 airbus pour 3,2 milliards
de dollar.
Honte à vous Monsieur le Président.
19 octobre 2007
La lettre de Guy Môquet
Voici le texte de la dernière lettre du jeune résistant communiste Guy Môquet, fusillé par les Allemands le 22 octobre 1941, que le Président de la République, Nicolas Sarkozy, souhaitent que les responsables d’établissements scolaires lisent aux élèves.
"Ma petite maman chérie, mon tout petit frère adoré, mon petit papa aimé,
Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c'est d'être courageuse.
Je le suis et je veux l'être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j'aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c'est que ma mort serve à quelque chose. Je n'ai pas eu le temps d'embrasser Jean. J'ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable je ne peux le faire hélas !
J'espère que toutes mes affaires te seront renvoyées elles pourront servir à Serge, qui, je l'escompte, sera fier de les porter un jour. A toi petit papa, si je t'ai fait ainsi qu'à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j'ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m'as tracée.
Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j'aime beaucoup. Qu'il étudie bien pour être plus tard un homme.
17 ans et demi, ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine.
Je ne peux pas en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, je vous embrasse de tout mon cœur d'enfant. Courage !
Votre Guy qui vous aime"
10 octobre 2007
Article 21 du projet de loi sur l’immigration
Emmaüs France, la Fondation Abbé Pierre, la FNARS, l’Armée du salut, les Restos du Coeur, les Petits frères des pauvres, le Secours Catholique, l’association des cités du Secours Catholique ont été reçues lundi 8 octobre par Martin Hirsch, Haut commissaire aux Solidarités.
Les grandes associations de solidarité ont demandé de façon ferme et unanime la suppression de l’Article 21 du projet relatif à l’immigration, qu’elles considèrent comme contradictoire avec le principe d’accueil inconditionnel et les valeurs qu’elles défendent. Cet article interdit aux personnes sans papiers l'accès aux centres d'hébergement d'urgence.
Les grandes associations ont démontré son caractère, au mieux inutile, au pire dangereux, notamment en termes de santé publique. Les représentants du Gouvernement se sont engagés à relayer auprès du Parlement leur demande de suppression et à garantir dans tous les cas les conditions actuelles d’accueil, d’hébergement et d’accompagnement de toute personne avec ou sans papiers.
Les associations, tout en prenant acte de cet engagement, restent mobilisées pour obtenir le retrait de l’Article 21 et ne manqueront pas de rappeler au Gouvernement sa responsabilité pleine et entière sur cette question.
20 septembre 2007
Les Restos du Cœur orphelin de Paul Houdart
Vous ne le connaissez sûrement pas. Paul Houdart a été avec Coluche, un des Fondateurs des Restos du Coeur.
Le Ministre de l'agiculture de l'époque (Henri Nallet), lui avait téléphoné en lui demandant de rencontrer Coluche afin de créer quelque chose ensemble. Dès la première rencontre, les deux hommes se sont accrochés l'un à l'autre et ont décidé de fonder les Restos du Coeur. A la mort de Coluche, Paul Houdart a continué le chantier immense : celui de venir en aide aux plus démunis.
Il sera Président des Restos pendant trois ans. Son grand projet, était d'aller au-delà de la simple aide alimentaire.
Il décida de créer en 1995 la Péniche du Coeur. Le souhait de Paul était un petit centre à l'échelle humaine, des cabines individuelles, et les bénévoles qui servent et dînent à table avec les pauvres. Avec quelques modifications apportées depuis par la diversité "des" pauvretés, la péniche est toujours à son image.
Paul Houdart est donc décédé il y a quelques jours, il avait 92 ans.
Les obsèques ont eu lieu hier à l'Église Saint Merry
Nous y étions pour saluer le travail d'un homme qui a construit sa vie autour d'un idéal : celui d'aider et de servir les autres.
Le travail continue.
14 septembre 2007
Cri d’alerte de la Ligue des Droits de l’Homme
Les étrangers sont-ils des êtres humains de seconde zone ? Des tests ADN pour les demandeurs de visas : l’amendement au projet de loi « maîtrise de l’immigration » qui vient d’être adopté par la commission des lois de l’Assemblée nationale apporte une nouvelle pierre à l’édifice de la rupture avec le droit commun et avec les principes de la République. Il s’agit de « proposer » (sic) aux demandeurs de visas de faire effectuer, à leurs frais, un test ADN pour obtenir une empreinte génétique prouvant leur filiation. Faut-il rappeler que l’article 16 du Code civil interdit formellement toute « étude génétique des caractéristiques d’une personne » sauf « à des fins médicales ou de recherche scientifique » ? Seul un magistrat peut ordonner le recours aux empreintes génétiques pour établir une filiation. Mais ce qui est bon pour les Européens ne l’est plus pour certaines catégories d’étrangers qui relèvent apparemment d’une immigration que la majorité parlementaire ne veut plus « subir ». Dérogation au droit commun, traitement discriminatoire… à plus d’un titre : ces analyses coûtant plusieurs centaines d’euros, on voit aisément quel genre de tri entre les demandeurs elles permettront, alors surtout qu’il faudra déjà, si le projet est adopté, payer des études de français avant de prétendre obtenir un visa. Etre un immigré « choisi » ne sera pas donné à toutes les bourses. Quant à l’hypocrisie qui consiste à prétendre que le test ADN ne sera que « proposé » et non imposé, elle ne trompe évidemment personne : nul ne sera obligé de passer le test… ni d’obtenir un visa. Chaque semaine, ou peu s’en faut, apporte désormais son lot d’innovations « décomplexées » qu’aucune hésitation, aucun scrupule ne semble pouvoir retenir. Jusqu’où notre pays sera-t-il ainsi entraîné sur la voie du refus de l’autre, de la stigmatisation et de la suspicion généralisée ? La Ligue des droits de l’Homme appelle l’ensemble des parlementaires à mesurer les risques que cet emballement incontrôlé fait courir, à plus ou moins brève échéance, aux valeurs de la République Communiqué de presse de La Ligue des Droits de l’Homme, Le 13 septembre 2007.
23 août 2007
La double peine du délinquant sexuel
Les déclarations il y a quelques jours du président de la république sur l’enfermement thérapeutique en hôpital fermé pour les délinquants sexuels ont le mérite de poser le débat. Il a même parlé de « castrations chimiques ».
Outre la question du Droit en cas d’un nouvel enfermement, il est étonnant de proposer des solutions une fois la peine écoulée. Si des solutions sont possibles pourquoi attendre la fin de la peine pour les mettre en œuvre ?
Qu’il s’agisse de suivis thérapeutiques ou de castrations chimiques, si la personne est considérée comme étant (toujours) dangereuse, et le restera après sa sortie, il faut agir pendant la durée de sa peine.
Agir pendant la peine de la personne, c’est lui donner une chance de s’en sortir sans retomber dans ses pulsions criminelles.
Les propos du Président de la République vont droit au cœur des Français, car l’actualité lui donne raison. Est-ce un jugement guidé par l’émotion ou la raison ? Je dirai qu’il utilise l’émotion populaire comme un levier pour mettre en place une loi mûrement réfléchie.
Dire que la triste histoire du pédophile récidiviste de Roubaix tombe bien n'est pas très vendeur, mais cela semble proche de la vérité. D’ailleurs, dans la même allocution, le Président de la République annoncait qu’un « hôpital fermé » ouvrirait en 2009. Comme quoi le projet était plus que dans les cartons.
Si l’enfermement est une solution, n’avoir que l’enfermement comme solution, est un échec pour les établissements pénitenciers et la société dans son ensemble.
Avoir une politique offensive dans le domaine de la réinsertion des détenus est une chance donnée à celui qui purge sa peine, mais aussi une garantie pour la société de « remettre » dehors un individu ressociabilisé.
13 juillet 2007
Le principe de Laïcité prend des coups
Le principe de Laïcité est en train de se faire malmener au sein du gouvernement.
C’est d’abord Christine BOUTIN qui, à propos de sa collègue Fadela AMARA, déclare « la musulmane et la catholique vont très bien ensemble », oubliant – mais est-ce un oubli ? – que dans une République laïque, les caractéristiques religieuses des personnes et, à fortiori des membres du gouvernement, ne relèvent pas du domaine public.
C’est ensuite Michèle ALLIOT-MARIE, ministre de l’Intérieur chargée des cultes, qui annonce qu’elle souhaite « donner une suite » au rapport MACHELON sur les relations entre les cultes et l’Etat et ce qu’on appelle pudiquement le « toilettage » de la loi de 1905.
Le Président de la République avait annoncé, lors de la campagne présidentielle, qu’il abandonnerait ce projet tant qu’il ne ferait pas l’objet d’un consensus... ce qui n’est assurément pas le cas. Peut-être faudrait-il le rappeler à Madame ALLIOT-MARIE ?
La loi de séparation des églises et de l’Etat dite « loi de 1905 » est un pilier essentiel du pacte républicain et que rien ne saurait justifier qu’on en remette en cause les équilibres sur le fond comme sur la forme.
Soyons donc vigilant, et respectons l’équilibre fragile entre les différents courants religieux... et la République.
11 juillet 2007
Benoît XVI… traditionaliste ou intégriste ?
« Dans l’Eglise catholique SEULEMENT, subsiste L’UNIQUE Eglise du Christ ».
C’est ce qui s’appelle une bombe en langage parlé. Après le retour de la messe en Latin, souhaitée par les intégristes Catholiques, c’est à l’occasion d’un texte publié par le préfet de la congrégation de la foi, mardi 10 juillet à Rome, que le Vatican durcit sa position, avec le risque de raviver les tensions entre « les » églises.
Il écrit que l'Eglise romaine est la seule à détenir l'intégrale vérité du christianisme. N'étant pas en union avec Rome, les autres Eglises - orientales (orthodoxes) et protestantes - ne peuvent se prévaloir de l'héritage plénier de Jésus-Christ.
Ci-dessous 5 réponses éclairantes sur la position de l’Eglise aujourd’hui et plus particulièrement sur la Congrégation pour la Doctrine de la Foi :
Première question : Le Concile Œcuménique Vatican II a-t-il changé la doctrine antérieure sur l'Église ?
Réponse : Le Concile n'a pas voulu changer et n'a de fait pas changé la doctrine en question, mais a bien plutôt entendu la développer, la formuler de manière plus adéquate et en approfondir l'intelligence. Jean XXIII l'avait très clairement affirmé au début du Concile. Paul VI le confirma ensuite ; il s'exprimait ainsi en promulguant la Constitution Lumen gentium : "Le meilleur commentaire que l'on puisse en faire, semble-t-il, est de dire que vraiment cette promulgation ne change en rien la doctrine traditionnelle. Ce que veut le Christ, nous le voulons aussi. Ce qui était, demeure. Ce que l'Église a enseigné pendant des siècles, nous l'enseignons également. Ce qui était jusqu'ici simplement vécu se trouve maintenant exprimé ; ce qui était incertain est éclairci ; ce qui était médité, discuté et en partie controversé, parvient aujourd'hui à une formulation sereine. "À plusieurs reprises, les Évêques ont manifesté et adopté le même point de vue.
Seconde question. Comment doit être comprise l'affirmation selon laquelle l'Église du Christ subsiste dans l'Église Catholique ?
Réponse : Le Christ "a établi sur la terre" une Église unique et l'institua comme "assemblée visible et communauté spirituelle" : depuis son origine, elle n'a cessé d'exister au cours de l'histoire et toujours elle existera, et c'est en elle seule que demeurent à jamais tous les éléments institués par le Christ lui-même. C'est là l'unique Église du Christ, que nous confessons dans le symbole une, sainte, catholique et apostolique [...]. Cette Église, constituée et organisée en ce monde comme une société, subsiste dans l'Église catholique gouvernée par le successeur de Pierre et les évêques en communion avec lui. Dans le numéro 8 de la Constitution Dogmatique Lumen gentium, 'subsister' signifie la perpétuelle continuité historique et la permanence de tous les éléments institués par le Christ dans l'Église catholique, dans laquelle on trouve concrètement l'Église du Christ sur cette terre. Selon la doctrine catholique, s'il est correct d'affirmer que l'Église du Christ est présente et agissante dans les Églises et les Communautés ecclésiales qui ne sont pas encore en pleine communion avec l'Église catholique, grâce aux éléments de sanctification et de vérité qu'on y trouve, le verbe 'subsister' ne peut être exclusivement attribué qu'à la seule Église catholique, étant donné qu'il se réfère à la note d'unité professée dans les symboles de la foi ('Je crois en l'Église, une') ; et cette Église une 'subsiste' dans l'Église catholique.
Troisième question. Pourquoi utilise-t-on l'expression 'subsiste dans', et non pas tout simplement le verbe 'est' ?
Réponse : L'usage de cette expression, qui indique la pleine identité de l'Église du Christ avec l'Église catholique, ne change en rien la doctrine sur l'Église, mais a pour raison d'être de signifier plus clairement qu'en dehors de ses structures, on trouve "de nombreux éléments de sanctification et de vérité", "qui, appartenant proprement par don de Dieu à l'Église du Christ, appellent par eux-mêmes l'unité catholique.’’ "En conséquence, ces Églises et Communautés séparées, bien que nous les croyions victimes de déficiences, ne sont nullement dépourvues de signification et de valeur dans le mystère du salut. L'Esprit du Christ, en effet, ne refuse pas de se servir d'elles comme de moyens de salut dont la force dérive de la plénitude de grâce et de vérité qui a été confiée à l'Église catholique.
Quatrième question. Pourquoi le Concile Œcuménique Vatican II attribue-t-il le nom "d'Église" aux Églises orientales séparées de la pleine communion avec l'Église catholique ?
Réponse : Le Concile a voulu assumer l'usage traditionnel de ce nom. "Puisque ces Églises, bien que séparées, ont de vrais sacrements, surtout en vertu de la succession apostolique : le Sacerdoce et l'Eucharistie, qui les unissent intimement à nous", elles méritent le titre d'"Églises particulières et locales", et sont appelées Églises sœurs des Églises particulières catholiques. "Ainsi donc, par la célébration de l'Eucharistie du Seigneur en chaque Église particulière, l'Église de Dieu s'édifie et grandit." Cependant, étant donné que la communion avec l'Église catholique, dont le Chef visible est l'Évêque de Rome et Successeur de Pierre, n'est pas un complément extérieur à l'Église particulière, mais un de ses principes constitutifs internes, la condition d'Église particulière dont jouissent ces vénérables Communautés chrétiennes souffre d'une déficience. Par ailleurs, la plénitude de la catholicité propre à l'Église, gouvernée par le Successeur de Pierre et les Évêques en communion avec lui, est entravée dans sa pleine réalisation historique par la division des chrétiens.
Cinquième question. Pourquoi les textes du Concile et du Magistère postérieur n'attribuent-ils pas le titre "d'Église" aux Communautés chrétiennes nées de la Réforme du XVIe siècle ?
Réponse : Parce que, selon la doctrine catholique, ces Communautés n'ont pas la succession apostolique dans le sacrement de l'ordre. Il leur manque dès lors un élément essentiel constitutif de l'Église. Ces Communautés ecclésiales, qui n'ont pas conservé l'authentique et intégrale réalité du Mystère eucharistique, surtout par la suite de l'absence de sacerdoce ministériel, ne peuvent être appelées "Églises" au sens propre selon la doctrine catholique.
10 juillet 2007
Le CNE au placard
La décision de la Cour d’appel de Paris déclare le contrat « nouvelles embauches » non conforme.
Cet arrêt, qui confirme les décisions déjà rendues par de nombreux Conseils de prud’hommes à travers le pays, constate très justement qu’une période d’essai de deux ans n’est pas compatible avec le droit international du travail, qui impose la justification par l’employeur du licenciement, et exige que la période d’essai respecte un délai raisonnable.
Comme le rappelle la Cour d’appel, le CNE « va à l’encontre des principes fondamentaux du droit du travail (…) et prive les salariés des garanties d’exercice de leur droit au travail ». Elle ajoute même : « Dans la lutte contre le chômage, la protection des salariés dans leur emploi semble être un moyen au moins aussi pertinent que les facilités données aux employeurs pour les licencier ». Avant de conclure : « Il est pour le moins paradoxal d’encourager les embauches en facilitant les licenciements ».
On ne saurait dire plus clairement que ce dispositif constitue à la fois une régression sociale incompatible avec les principes fondamentaux du droit du travail, reconnus au plan international, et une mesure inefficace en termes d’emploi.
Avec cette nouvelle décision majeure, il devient nécessaire et urgent que le gouvernement abroge un dispositif inutile et préjudiciable aux salariés, et qui en tout état est voué à être invalidé par la justice.
Il est enfin important de mettre en garde le gouvernement contre les risques d’illégalité, pour les mêmes motifs, du contrat de travail unique qu’il s’apprête à instituer. On sait désormais que l’institution d’une longue période d’essai pour tous les contrats de travail serait contraire aux principes fondamentaux du droit du travail et au droit international du travail.
09 juillet 2007
François Bayrou s'abstient dans le vote sur la confiance au gouvernement Fillon
Ci-dessous le texte prononcé à l’Assemblé Nationale
"Une déclaration de politique générale comporte au moins deux figures imposées, l’hommage au Président de la République et la déclaration d’amour à la France et aux Français : vous vous en êtes acquitté, Monsieur le Premier ministre, avec la même éloquence que vos prédécesseurs. Un troisième chapitre mêle figures imposées et figures libres : c’est le catalogue des promesses ou des engagements. En la matière, vous avez dit des choses justes : j’ai apprécié que vous défendiez l’idée d’un « Small business Act » à la française, c’est-à-dire d’une loi de protection et de promotion des entreprises petites et moyennes, et que vous vous engagiez à faire reconnaître devant l’OMC à la France, peut-être à l’Europe, les mêmes droits qu’à leurs concurrents américains et canadiens ; j’ai trouvé bon et profond ce que vous avez dit sur les engagements internationaux de la France, notamment au Darfour et au Liban, et je suis heureux qu’il y ait peut-être sur ces bancs unanimité pour les soutenir ; j’ai apprécié l’esquisse que vous avez faite d’un meilleur équilibre démocratique, passant par la reconnaissance au Parlement de droits qu’il n’a pas aujourd’hui et par une loi électorale plus juste. Je rappelle que si le mode de scrutin avait été proportionnel, le nombre de voix que nous avons recueilli au premier tour des législatives nous aurait donné soixante et un députés au lieu de quatre ; je suis persuadé qu’on peut trouver une loi électorale qui rende au Parlement son indépendance à l’égard du pouvoir exécutif. Cela dit, deux hypothèques pèsent sur votre discours – deux grandes contradictions. Vous avez promis de renforcer le nombre de policiers et de gendarmes, de désenclaver les quartiers difficiles et d’y diminuer le nombre d’élèves par classe, développer les internats, construire 120 000 logements sociaux par an, améliorer la situation des prisons, augmenter le budget des universités… Sur ce dernier point, vous avez annoncé cinq milliards sur cinq ans, mais cela fait au mieux un milliard par an : c’est dix fois moins que l’engagement de Nicolas Sarkozy d’augmenter de 50 % un budget de l’enseignement supérieur et de la recherche qui est aujourd’hui de 20 milliards ! L’addition de toutes ces dépenses est naturellement incompatible avec la maîtrise du déficit budgétaire et le retour à l’équilibre de nos comptes publics… Il y a aussi incompatibilité entre l’impératif de modernisation et la concentration des pouvoirs qui est en train de s’opérer au sommet de l’État. En conséquence, nous nous abstiendrons."







